Burundi : Les quota ethniques tuent l’économie et accentuent la pauvreté

bdi_burundi_constitution2013Le système de quota ethnique institutionnalisé des Accords d’Arusha est cher, injuste,tue l’économie burundaise et accentue la pauvreté.
En 2013, tenant compte des chiffres salariaux de l’Etat, 1 Hutu burundais a reçu 16 USD de l’Etat contre 160,8 USD pour 1 Hima (Tutsi). Or le Hutu représente 90% de la population burundaise. Donc le Burundais a moins consommé cette année…  

[slideshow   numberposts=”15″ backgroundColor=”#FFFFFF”] ( Photo  concernant l’ Atelier d’échanges sur le Projet d’Amendements de certaines disposition de la Constitution de la République du Burundi  –     Voir    facebook.com/cndd.fdd  )

Ce 20 décembre 2013, à Kigobe (Bujumbura) au Parlement du Burundi,  se poursuit pour la 2ème journée un débat initié sur un projet de révision de la Constitution burundaise.  La particularité de la Constitution burundaise est qu’elle comporte ce que l’on appelle des quota ethniques. 8 ans après le retour d’un régime démocratique, le Burundi a du mal à relancer son économie. Le pays perdure dans la pauvreté. Pourquoi ? Selon de nombreux experts, le gouffre, ce sont  les salaires qui absorbent, à elles seules, plus de 60% des recettes nationale. Il faut d’urgence une réforme profonde de l’Etat.  Par exemple, M. Charles Nihangaza, expert en fiscalité et gouvernance, a analysé  le projet de loi budgétaire 2014. Il conclue que  « Les dépenses de fonctionnement ont augmentées et les recettes internes diminuées ». Bref, cela va de mal en pire.  Un des moyens pour améliorer cette situation serait justement que le Burundi révise sa Constitution.  Depuis, hier, les Burundais sont au Parlement pour réfléchir sur la question.

Comment peut on faire en sorte que cet handicape  que représente la masse salarial deviennent toute de même un élément positif d’un point de vue économique pour le Burundi ?

Ce que l’on remarque est que les quota ethniques sont un frein à l’amélioration économique du Burundi.  Les recettes internes en 2013 [1] sont aux environs de 614 Milliards BIF  soit  396,1 Millions USD.  60% de ces recettes, soit 237,6 Millions USD, ont été utilisés pour payer les salaires de l’Etat au cours de cette année qui s’écoule.  La Constitution à quota ethnique des Accords d’Arusha consacre un quota de partage 60/40 (60% aux citoyens Bahutu Barundi -90% de la population burundais[2]- c’est à dire  8,8 Millions d’individus  contre  40% aux Batutsi c’est à dire aux Bahima burundais – 5 à 6% de la population burundaise – soit environs  591 Mille individus )  
L’Etat étant le premier employeur au Burundi, le salaire que verse l’Etat à ses fonctionnaires  sera un facteur prédominant sur la relance de l’économie du pays. Or, avec ces quota ethniques, on remarque que  1 Hutu burundais devrait avoir reçu 16 USD en cette année 2013  alors qu’ 1 Hima (Tutsi) aurait reçu   160,8 USD.
D’où les quota ethniques sont une des causes importantes du blocages de la relance économique du Burundi car ils concentrent la richesse nationale au main d’une toute petite portion de la population. Cela explique le taux de pauvreté élevé au sein de la population burundaise.
De plus, 13 ans après la signature des Accords d’Arusha qui ont mis en place ces quota ethnique, on remarque qu’au niveau de l’Etat ,à de nombreux endroits (législature, administration, force de sécurité, etc.) on trouve des répartitions 75/25. C’est à dire 75% Tutsi (Hima) et 25% Hutu.  L’argument de l’Etat  est de dire que l’on attend que ces fonctionnaires soient pensionnés. Mais en attendant ces sont des centaines de milliers de familles Bahutu Barundi qui trinquent et en plus l’Etat est en faute car il se situe en situation d’anti-constitutionalité.

Les Parlementaires burundais, avec des nombreux acteurs de la société burundaise, sont en ce moment entrain de réfléchir à comment y trouver une solution.
A 2 ans, des prochaines élections démocratiques, le pouvoir en place risque gros car la population burundaise ne lui pardonnera pas si il n’y apporte aucune correction à cette situation qui met en péril toute la société burundaise.

[1] voir le projet de loi budgétaire 2014
[2] Population burundaise en 2010 = 9,85 Millions (Banque Mondiale)

DAM, NY, AGNEWS, le 20 décembre 2013

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