La sécurité au Burundi : les protagonistes – Les menaces

Au Burundi, comprendre la question sécuritaire, c’est savoir qui sont les protagonistes des conflits burundais.

I) Qui sont les protagonistes de ces conflits burundais ?

Il faut dès lors s’intéresser à l’ Histoire du Burundi, d’où celui du Royaume millénaire des Barundi -Ingoma Y’Uburundi-.

La sécurité de ce Royaume avait  toujours été compromise par de nombreuses  menaces. Les responsables de ces menaces sont essentiellement : les classes dirigeantes du pays; les citoyens; ou des étrangers.  Voici  des exemples de menaces pour la sécurité des Barundi  :

  • le non respect du Code Esotérique Rundi  ( correspond aujourd’hui à la Constitution ) :  Autrefois sous le Royaume Ingoma Y’Uburundi  l’élite  militaire (guerrier, ou officier), politique (le mwami et son entourage direct) ou Religieux ( les Bahanuzi ou le clergé  ), pouvaient être tenté par l’idée de passer outre le respect du Code ésotérique Rundi. Il existait des paravants sécuritaire pour se protéger de ce genre de menaces.  Par exemple, l’armée qu’avait dressé Runyota Kanyarufunso vers les années 1920 pour contraindre le Mwami Mwambutsa IV a abdiqué. Car, un Mwami qui porte ce titre -Mwambutsa- ne peut être que de passage.  En ce temps, avec l’agression coloniale belge, le Burundi avait urgemment  besoin d’un Mwami du nom de NTARE …   De même, aujourd’hui, le non respect de la Constitution par un président est une menace sécuritaire.  Par exemple, la crise de 1993 avec le coup d’état anticonstitutionnelle des militaires Bahima. En 1996, le Major BUYOYA Pierre supprime la Constitution de 1992. Il a fallu un rassemblement de Barundi ( les combattants pour la Défense de la Démocratie CNDD-FDD )  pour ramener à l’ordre Constitutionnel.
  • les conflits de terres  ( ex. conflits entre familles Baganwa, ou entre simples citoyens -conflits intra familiaux- )
  • les velléités régionaux comme une des plus célèbres – celle de la dynastie  des Bahinda  – ,  de créer un Empire Hima  dans la région.  Mais il existait aussi d’autres ambitions régionaux par exemple, celles des Balenge ou des Bajiji
  • les attaques venus de l’étranger (les Zoulou d’Afrique du Sud, les Arabes, les Colons Allemands, puis Belges  etc.) –

II) On remarque que pour le Burundi, depuis l’Indépendance,  les Hima et les adversaires des anciens Colons belges se sont coalisés pour asservir les Barundi.

A l’Indépendance, ce sont les Français qui vont aider à mettre fin  au Royaume millénaire africain  Ingoma Y’Uburundi en plaçant les Bahima au pouvoir au Burundi.    Puis, pendant les années 1980, ce sont les Anglo-saxons (USA, UK, Australie) qui vont parrainer le projet de la mise en place de – la République Unis du Kilimandjaro –  porté par les Bahima de la région des Grands Lacs ( Ouganda, Burundi, Rwanda,Tanzanie).  ( à lire pour en savoir plus ).

Au Burundi, la Dictature militaire des Bahima burundais (Micombero, Bagaza, et Buyoya) va faire, en près de 40 ans de règne féroce et sanguinaire, plus de 4,5 Millions de victimes Barundi: le fameux  Génocide-Régicide du Burundi.

III)  Le  positionnement des Bahima à l’échelle de l’Union Africaine et de l’East African Community (EAC) : L’enjeu est le contrôle militaire et économique.

Depuis 2003, l’isolement du dictateur Hima Pierre BUYOYA, par la coalition anglo-saxonne ( NYERERE ) -MUSEVENI – KAGAME, l’ a poussé  à se rapprocher de ses protecteurs français. Ainsi l’ancien dictateur, du haut de son perchoir, suit de très près déjà  depuis 2002 la mise en place des projets économiques et militaires de  l’Union Africaine en devenir.  Le projet militaire d’une armée africaine est la résultante de 2 projets mis sur pied en 1996,  l’un Français (RECAMP) et l’autre des USA – Pentagone ACRI. L’idée, étant de mettre sur pied une armée pouvant aider à sécuriser les intérêts économiques occidentaux en Afrique, notamment celui  du fameux  Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD), monté comme étant le projet économique de l’Afrique de demain, celui de  l’Union Africaine.   Aujourd’hui, où une France, désormais alliée des USA ( voir accord francobritannique de 1998 ), tente d’être le gendarme  de l’Afrique,  le dictateur Hima Pierre BUYOYA a de plus en plus de cartes à jouer ( ainsi que sa communauté : les Bahima ). Ces dernières années, cet ancien dictateur sanguinaire du Burundi  est fréquemment appelé comme consultant – médiateur  ( de l’Union Africaine)   dans de nombreuses crises en Afrique.    Ce positionnement stratégique de l’ancien  dictateur burundais, comme agent de la France, à l’Union Africaine,  renforce politiquement et financièrement les Bahima burundais ( Politiquement parlant cela se traduit, au Burundi, par un renforcement du parti UPRONA ).  La crainte pour la sécurité burundaise est  ce renforcement  des Bahima burundais et autres. Car, au même moment,  où  le dictateur Hima Pierre BUYOYA se balade à l’Union Africaine, au niveau de l’East African Community(EAC),  on a le Rwanda et l’Ouganda qui essayent d’en prendre le leadership )    Il s’agit tout bonnement de la réactivation du projet régional de l’Empire Hima à l’échelle de l’Union Africaine.  Le drame est que cela conduiraient à nouveau le Burundi à revivre la guerre des Barundi contre les Bahima burundais coalisés aux Ougandais-Rwandais-et autres Banyamulenge…

 DAM, NY, AGNEWS, le 25 novembre 2013

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