Burundi: Appel à manifestation “pour dire non à Nkurunziza en 2015”

M. Alexis Sinduhije, leader du MSD - ADC Ikibiri (Photo : iwavu-burundi.org)

M. Alexis Sinduhije, leader du MSD – ADC Ikibiri (Photo : iwavu-burundi.org)

« Si, après une deuxième semaine, le projet de révision de Constitution n’a pas quitté l’Assemblé nationale, nous élirons domicile dans la rue, jusqu’à ce que ce soit fait. Et s’ils ne prennent pas garde, nous les chasserons du pouvoir ! » Dixit Président du MSD – ADC ikibiri, M. Alexis Sinduhije.

L’ADC Ikibiri (une coalition politique née pendant les élections de 2010), en mal d’existence politique (malgré une tentative de relance en début d’année par le BNUB Bureau des Nations Unis au Burundi ), vient de se lancer à cibler les jeunes de Bujumbura pour se refaire une santé politique…  Comme pour mai 2010, tout est à nouveau parti du virulent Président du MSD, M. Alexis Sinduhije, qui a appelé les jeunes burundais à une marche manifestation ce lundi 9 décembre prochain à Bujumbura contre la révision de la Constitution en cours au Parlement du Burundi. Le MSD demande le retrait pur et simple du projet de révision de la Constitution en analyse…

La confusion du débat sur la révision de la Constitution au Burundi est née à partir du travail d’un constitutionnaliste Belge, à qui, des Burundais ( proche de l’UPRONA), avait demandé si le très populaire Président du Burundi, S.E. Nkurunziza Pierre, pouvait OUI ou NON se représenter  en 2015. En résumé, le constitutionnaliste Belge a  répondu que “OUI” surtout si il y a une quelconque modification de la Constitution car cela signifiera  que le Burundi a passé le cap de la période de transition. D’où les Barundi ne seraient plus tenus aux Accords d’Arusha !
Contrairement à ce que beaucoup de Burundais pensent aujourd’hui (si OUI ou NON  S.E. Nkurunziza Pierre pourra se présenter en 2015 ? – repris en boucle par les politiciens surtout de l’UPRONA, du MSD, leur média et leur société civile ) le véritable débat institutionnel du moment est la question de la fin des Accords d’Arusha.  
Le MSD de M. Alexis Sinduhije (et derrière lui l’UPRONA qui ne dit mots) a  appelé tout Bujumbura à une marche manifestation monstre pour que le Parlement burundais stoppe son travail de révision constitutionnelle en cours ( dont la majorité des amendements proviennent des propositions de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI)   qui prépare les élections de 2015…).

Les Accords_d’Arusha de_2000 , pour les Bahima Burundais (se disant TUTSI au Burundi ),  dont une grande partie militent au sein des organisations UPRONA-MSD, représentent le jackpot ou le gros lot…  Alors que la guerre civile burundaise se terminait par une défaite militaire en novembre 2003, infligée par la rébellion burundaise du CNDD-FDD à la Dictature militaire des Bahima burundais (Micombero, Bagaza, Buyoya) qui avait régné en maître pendant près de 40 ans,   politiquement avec les Accords d’Arusha signés en 2000 par – les politiciens burundais non belligérants –  avec le Dictateur BUYOYA, les Bahima burundais, se lotissant dernière l’étiquette TUTSI burundais,  pouvaient encore ( après leurs défaites) prétendre à 50% de pouvoir militaire et à 40% de pouvoir politique institutionnalisé.
Grosso-modo, avec la Constitution de 2005 inspirée des Accords d’Arusha, un Hima burundais, se définissant lui-même TUTSI burundais, devenait un Citoyen Extraordinaire, par rapport aux autres citoyens Burundais. Un Homme à part !  Car, avec des quota ethniques, favorable aux TUTSI (ne représentant que 10% de la population burundaise et bénéficiant de 40% à 50% représentativité institutionnelle ), 1 citoyen burundais Hima (dit TUTSI) vaut X autres citoyens Barundi notamment HUTU. D’où les citoyens burundais ne sont pas égaux et ne bénéficient pas des mêmes droits et devoirs devant leur Constitution. Rappelons que la Dictature des Bahima burundais (dite TUTSI) a fait au Burundi plus de 4,5 Millions de victimes Barundi

Face à cette injustice  institutionnelle, sociologique et historique, issue des Accords D’Arusha de 2000, qui a généré une fracture socio-économique majeure, AGnews a fait un petit bilan 13 ans après (en 2013) …  Un jeune homme burundais de Bujumbura (un HUTU), à cette année, tiré la sonnette d’alarme aux autorités en disant que trop c’était trop ! Pour lui, si on poursuivait avec la logique des quota des Accords d’Arusha, une révolution pourrait avoir lieu au Burundi. En effet, la liste des chômeurs parmi les jeunes burundais touchent de plein fouet les autres citoyens Barundi autre que les BAHIMA (dit TUTSI) qui eux sont privilégiés. Des êtres ou une caste à part ! De plus, 13 ans après ces Accords, on remarque qu’, à des nombreux endroits, l’Etat est en état d’anti-constitutionalité. Les répartitions 60% HUTU – 40% TUTSI  à l’Administration et à la Magistrature n’ont pas été respectées. On y avoisine actuellement du 25% HUTU et 75% TUTSI. Pour les forces de sécurité, au niveau des officiers, on tourne autour des mêmes proportions 25% HUTU et 75% TUTSI… 13 après, il y a quelque chose qui ne va pas au Burundi !

La marche manifestation qu’envisage organiser le MSD, avec l’ADC IKIBIRI, est une démarche politique des Bahima Burundais qui ne souhaitent pas la fin des Accords d’Arusha au Burundi. Bujumbura, la capitale, est fortement habité par l’establishment de Bahima burundais. D’où l’idée d’y organiser l’événement ce lundi 9 décembre 2013… Les autorités politiques et sécuritaires burundaises sont inquiètes car, face à ces jeunes Hima burundais et ceux de l’ ADC IKIBIRI  qui souhaitent manifester, des millions de jeunes Barundi excédés, par la situation d’injustice évoquées, pourraient  décider, surtout venant de l’intérieur du pays, eux-aussi, de descendre à Bujumbura affronter les autres manifestants et demander aux autorités une société plus juste au Burundi.

DAM, NY, AGNEWS, le 5 décembre 2013

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